« Votre carte a été utilisée à Milan. Nous l’avons bloquée, mais la puce reste active : un coursier assermenté passe la récupérer dans l’heure. » Puis : « Pour la neutraliser, tapez votre code sur le clavier. » Une heure plus tard, le distributeur du coin de la rue se vide à ton nom. Une banque n’envoie jamais personne chercher ta carte, et ne te demande jamais ton code. C’est l’arnaque au faux coursier, et elle vise surtout les plus de 70 ans, à domicile, en journée.
Ce duel fait partie du Pass Ruse. Le Renard joue « Sophie, de la sécurité des paiements » ; il a sept échanges pour que tu prépares l’enveloppe.
Le Renard enfile son costume…
Comment marche l’arnaque au faux coursier ?
C’est la version physique du faux conseiller bancaire. L’appel vient d’un numéro usurpé, celui de ta banque. La « conseillère » annonce une fraude inventée, parle de puce clonée, de protocole de récupération, de coursier assermenté avec badge et reçu. Elle insiste sur un point : ne surtout pas couper la carte, « la puce sert à l’enquête ». Puis elle veut le code : à taper sur le clavier du téléphone (« je n’entends que des bips »), à écrire sur un papier dans l’enveloppe « pour le contrôle », ou à donner « pour neutraliser la puce dans notre système ».
Le coursier est un complice, souvent jeune, poli, en tenue de livreur, parfois avec un vrai scooter. Il repart avec la carte et son code. Les retraits commencent dans le quart d’heure, jusqu’au plafond. Des réseaux entiers fonctionnent ainsi, avec un centre d’appels et des « coursiers » recrutés sur les réseaux sociaux.
Les signes qui ne trompent pas
- Elle te fait confirmer ton adresse. Ta banque la connaît. Si elle te la fait dire, elle ne la connaît pas.
- Elle veut la carte intacte. La seule chose qu’une vraie banque te dit d’une carte compromise : coupe-la en deux, la nouvelle arrive par la poste.
- Elle veut le code, sous n’importe quelle forme : tapé, écrit, dit. Personne, jamais, n’a besoin de ton code pour bloquer une carte. Une carte bloquée est un bout de plastique.
- Quelqu’un doit venir. Aucune banque française ne fait récupérer des cartes à domicile.
Le réflexe : raccrocher, rappeler, ne pas ouvrir
Tu raccroches sans discuter. Tu rappelles le numéro imprimé au dos de ta carte. Et si quelqu’un sonne, tu n’ouvres pas. S’il insiste ou revient, tu appelles le 17. Dans les familles, le plus utile est d’en parler avant : « si quelqu’un te dit qu’un coursier vient chercher ta carte, tu m’appelles d’abord ».
Que faire si la carte est partie ?
- Opposition immédiate : le numéro de ta banque (sur son site, sur tes relevés) ou le serveur interbancaire au 0 892 705 705, 24 h/24. Chaque minute, c’est un retrait.
- Plainte au commissariat ou à la gendarmerie, en précisant la manipulation : numéro usurpé, faux coursier, description de la personne. C’est une escroquerie organisée, pas une négligence.
- Contestation écrite des retraits auprès de la banque. Si tu as donné le code, elle peut invoquer la négligence grave ; conteste quand même, décris précisément l’appel, et saisis le médiateur si elle refuse. Info Escroqueries (0 805 805 817) t’aide à formuler.
- Déclaration sur Perceval (service-public.fr) pour les débits par carte.
Questions fréquentes
Comment connaissaient-ils mon nom et ma banque ?
Par un hameçonnage des jours précédents (faux colis, faux Ameli), un vieux relevé dans la poubelle, une fuite de données. Ou pas du tout : la « conseillère » dit « votre banque » et te laisse la nommer.
Le coursier avait un badge et un reçu : ça ne prouve rien ?
Un badge s’imprime, un reçu aussi. Ce qui prouve, c’est l’appel que tu passes toi-même à ta banque. Elle te dira qu’elle n’a jamais envoyé personne.
Pour aller plus loin
- La version sans coursier : le faux conseiller bancaire.
- L’autre arnaque qui sonne à la porte des aînés : la voix clonée du petit-fils.
- Tous les duels du Renard et le Pass Ruse.
Le Renard reviendra. Quand tu ne t’y attends pas.
Laisse ton adresse : une fois par mois, il t’envoie un faux message d’arnaque. À toi de le repérer. Il se démasque dans l’heure.




